Ascenseur...

Publié le par Benjamin

Voila une petite anecdote, comme il en arrive pas mal à Bibi & Co dans l’empire du Milieu. Autant vous l’avouer tout de suite, c’est une courte histoire d’horreur !

« Il était une fois » bibi ayant passe son après midi dans le laboratoire de son département pour réfléchir sur son mémoire et stimuler sa propre mémoire à coup de caractères chinois alambiqués. La caboche commençant à fumer, bibi décida de prendre ses clics et ses clacs et sortit. Arrivé au pied de l’ascenseur, bibi salua deux professeurs du même département, qui forcement me reconnaissaient avec ma tête de blanche neige. Prenant place dans l’ascenseur, 3 autres têtes chinoises se rajoutent et nous voila 6 à descendre…. d’un étage (le treizième pour être précis, étrange n’est ce pas ?) puis plus rien !

Seule la lumière était encore en marche mais pour ce qu’il y ait des boutons, que nenni ! Totalement immobilisés ! Oui, pour les claustrophobes, c’est épouvantable, le cœur prêt à lâcher, au bord de la crise de nerfs, le début des grandes spires qui transgouttent….mais bon il en faut plus à bibi pour se liquéfier. Un des deux profs, voulant montrer sa maîtrise de la situation, sonna alors ce fameux bouton cloche une bonne trentaine de fois puis pris le combiné qui se trouvait là et informa notre situation. « On arrive tout de suite ». « Parfait ! »

Apres un tel épisode, le silence règne dans ce 5m cube, tous se sentent un peu timides pour briser la glace et bibi en profite pour se reposer un peu. C’est à ce moment là que survient le drame, celui qui vous marque à jamais…Ce même prof, toujours aussi plein d’assurance, me lance amicalement et en chinois (un peu contradictoire non ?) :

« Alors benjieming, comment va-t-on chinois ? »

Forcement à ce moment-là, l’assistance, que j’accuse de lâche car me laissant en spectacle alors que qu’ils auraient très bien plu parler entre eux et me laisser au calme, me regarde avec malin plaisir. La douleur psychologique s’amorce, plein de yeux ridés rivés sur bibi qui passe son « test de langue chinoise »

« Comme ci, comme ça (le fameux et utile « mamahuhu » pour ceux qui connaissent) » répond bibi timidement. C’est alors la déferlante de questions qui s’abat, les compagnons d’ascenseurs s’étaient transformés en interrogateurs affamés, martyrisant ma pomme à coup de chinois. Est-il la peine de rappeler que ma caboche venait de se farcir des articles sur le signal numérique, transformées de Fourier, avec en bonus des caractères chinois qu’on écrit des millions de fois pour pouvoir les mémoriser ? C’est bouleversant.

Alors, on essaye de « garder la face » (très important en Chine), on répond aux questions, le pays, la famille, le romantisme français, le vin, blablablablabla….tout y passe. Puis ça continue, ça s’enlise, ça empire. On essaye de tenir tête en blaguant sur le fait que bibi a un jeu de cartes sur lui pouvant faire passer le temps de tout le monde, mais ces Chinois sont clairement sadiques et reprennent leurs interrogatoires :
 « Benjieming, tu sais jouer à quel jeu chinois ? » 

« Les Français aiment jouer aux cartes ? »

Pitié !!!! Bibi n’en peut plus, surtout que cela fait 35 minutes et qu’on est bloqués, on nous dit « on arrive tout de suite »… mais la célèbre mollesse des Chengdu-iens commence à m’énerver.

Entre deux questions sur mon opinion sur Sophie Marceau ou le contexte historique du film « Indigènes » (Oui ça va vraiment dans tous les sens, les fils de ma caboche ne se touchent plus), je réalise la douleur d’un claustrophobe, bloqué dans une situation similaire, n’ayant aucune issue de secours, tragique…

Puis vient l’issue, ce maudit ascenseur qui redémarre et redescend pour finalement s’ouvrir et laisser entrer cet air qui rafraîchit et fait taire ces maudits chinois.

Bibi s’en marre désormais, une nouvelle ligne au palmarès de « J’aurai fait en Chine …» avec le sentiment de ne pas être ridicule en chinois. Ouais vive les ascenseurs bloqués ! Que tout le monde est cette opportunité, même les claustrophobes !

A Bientôt

Bibi

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