Pan Yue
Coucou les pengyou,
Monsieur le calife venu la semaine dernière a donné une nouvelle fois l’occasion pour les médias français de rappeler les problèmes environnementaux que la Chine occasionne aujourd’hui.
Au lieu de faire un constat chiffré et alarmant que les médias alimentent trop facilement, je préfère vous présenter un Chinois,qui ferait figure de symbole pour les yeux européens aux sensibilités écologiques accrues et légitimes : Pan Yue.
(Photo prise sur le site de SEPA)
Vice-ministre de l’environnement et directeur adjoint de la SEPA (Administration Nationale pour la protection de l’environnement), il agit dans le but de convaincre les industriels chinois de changer leurs comportements. Sa méthode radicale et son franc parler n’est pas sans rappeler le calife… Un de ses projets est de suspendre toute autorisation de projet industriel dans une zone où au moins un site existant ne respecte pas les critères environnementaux. Cette proposition oblige les industriels à remettre aux normes environnementales, tous les sites existants sur leur localité, avant d’en développer d’autres et ainsi assainir a l’avenir une Chine asthmatique. Une interview du bonhomme, trouvée dans la revue ChinePlus, dénonce un système politique chinois qui évalue les dirigeants des gouvernements locaux suivant leurs performances économiques qui s’allient parfaitement avec performances industriels privées ignorant donc les questions écologiques. Par ailleurs, nul ministère de l’environnement existe, les problèmes écologiques sont éparpillés dans les différents ministères : pollution terrestre au ministère de l’Agriculture, pollution maritime au ministère de la Mer, les eaux usées au ministère de la Construction, etc… Il n’y a donc pas de réelle force politique majeure pour faire valoir les carences en matière de protection de l’environnement
La Chine pop’ a été fondée il y a maintenant 58 ans et la première phase de son développement fut consacrée à la politique (former l’unité par exemple) puis tous les efforts se sont ensuite focalisés à la relance économique et l’ouverture de son marche aux capitaux étrangers, laissant aux passages les questions écologiques et de développement durable. La Chine en paît le prix désormais. On peut le voir tous les jours dans la rue, la qualité des produits qu’on achète n’est jamais au niveau de la quantité certaine qu’on nous propose (l’exemple le plus marquant sont les bâtiments qui vieillissent beaucoup plus vite qu’en Europe, la qualité des matériaux par exemple joue énormément).
(Photo prise sur le site de notre-planete.info)
Enfin, son interview a permis de faire taire certaines idées préconçues. A la question par exemple sur le danger du potentiel polluant de la Chine, sa réponse m’a semblé pertinente. « …autour des responsabilités des uns et des autres : les pays occidentaux […] ont crée l’actuel modèle de développement industriel et la société de consommation. Ils doivent donc aussi réfléchir aux responsabilités et devoirs qui sont les leurs. » En clair, regardons aussi notre impact qui n’est pas négligeable dans cette situation. Autre point purement statistique, on parle de chiffres exorbitants sur les quantités émises de polluants en Chine, mais ses chiffres sont-ils évalués par habitant ? La Chine, c’est quasiment 1/5eme de la planète, il ne faut pas l’oublier…
A bientôt
Benjamin